

Décembre 2025
Vienne
L’annonce de l’arrêt du train de nuit Paris–Vienne à la mi-décembre a été le véritable déclic : impossible de ne pas s’offrir une dernière escapade à bord du Nightjet, avant que cette parenthèse ferroviaire si particulière ne se referme.
Voyager de nuit, s’endormir à Paris et se réveiller au cœur de l’Europe centrale, c’est déjà une aventure en soi — une façon douce, presque nostalgique, d’entrer progressivement dans le voyage, loin de la frénésie des aéroports et des contraintes horaires. Cette perspective a suffi à faire naître l’envie d’un week-end hivernal hors du temps, placé sous le signe de la lenteur et du plaisir de se laisser porter.
Direction Vienne, en plein cœur de l’hiver, pour un séjour mêlant lumières chaleureuses et élégance impériale. Marchés de Noël scintillants, effluves de vin chaud et de pâtisseries, façades majestueuses héritées des Habsbourg, promenades sur les traces de Sissi… la capitale autrichienne déploie en décembre une atmosphère unique, à la fois solennelle et réconfortante. Et belle surprise : malgré son raffinement, Vienne se révèle étonnamment dog-friendly, permettant de partager pleinement l’expérience avec Vaika, entre parcs soignés, longues avenues et cafés accueillants.
Entre balades urbaines ponctuées de pauses gourmandes, patrimoine grandiose à chaque coin de rue et douceur de voyager en train de nuit avec notre chienne, ce week-end viennois nous a offert bien plus qu’une simple escapade. Ce fut une vraie invitation à ralentir, à observer, à savourer chaque instant — une bulle hivernale où le trajet comptait autant que la destination, et où Vienne s’est révélée aussi majestueuse qu’intimement chaleureuse.
Décembre 2025

Vienne : une destination Dog Friendly ?
Oui, nous pouvons le dire sans hésiter : Vienne est une destination résolument dog-friendly. La ville compte environ 80 000 chiens, un chiffre très proche de Paris (environ 100 000), mais l’approche est radicalement différente.
Ici, la municipalité met à disposition des sacs de déjection canine absolument partout, et surtout de véritables parcs à chiens (Hunde zone), vastes, bien entretenus, souvent équipés de points d’eau — rien à voir avec les micro-espaces parisiens qui tiennent plus de l’alibi que du parc. Franchement, la mairie de Paris aurait tout intérêt à regarder ce qui se fait chez nos voisins autrichiens.
À Vienne, pas d’interdictions absurdes : les chiens sont admis en laisse dans les squares, les parcs, les marchés de Noël, et même dans de grands espaces verts comme le Prater, où certaines zones autorisent la liberté totale, parfaitement signalée.
Trouver ce niveau de tolérance et d’organisation en plein centre-ville est tout simplement impensable à Paris. Côté restaurants, l’accueil a été systématiquement chaleureux : sourires, gamelle d’eau, aucune remarque déplacée.
Même les transports publics sont accessibles aux chiens. Résultat : Vienne s’impose clairement comme une superbe destination pour voyager avec son chien, sereinement et sans compromis.

Voyage au bord d'un des derniers Paris-Vienne
en train couchette
Pour rejoindre Vienne, nous avons choisi le Nightjet, et ce voyage en train de nuit a été bien plus qu’un simple moyen de transport : une vraie expérience à part entière. Départ depuis la Gare de l'Est à 19h30, arrivée le lendemain vers 10h à Vienne ; au retour, départ à 18h30 pour une arrivée autour de 9h à Paris.
Le Nightjet propose plusieurs classes selon le niveau de confort recherché :
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des places assises (économiques mais peu adaptées à une nuit complète),
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des couchettes (en cabine de 4 ou 6 lits),
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et des cabines-lits plus premium.
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Quand on voyage avec un chien, la cabine est automatiquement privatisée, un vrai plus pour le calme, le confort… et la sérénité de tout le monde.
À l’aller, nous étions dans une cabine à 6 couchettes, un peu plus vieillotte mais tout à fait correcte. Au retour, nous avons eu la chance de voyager dans une cabine plus moderne à 4 couchettes, nettement plus confortable et mieux agencée — on sent clairement la différence. Dans tous les cas, la literie est fournie : draps, oreillers, couvertures, et l’ambiance feutrée donne rapidement l’impression d’un petit hôtel roulant. Le contrôleur vérifie les billets dès l’embarquement puis prend la commande du petit-déjeuner : boisson chaude, pain, beurre et confiture. C’est simple, presque minimaliste, mais servi en cabine pendant que le train poursuit doucement sa route… et ça a un charme fou.
Le train roule lentement, sans à-coups, et il est étonnamment facile de s’endormir. On se sent vraiment hors du temps, loin du bruit et du stress des voyages classiques. Dans la cabine, une tablette permet d’appeler le service de bord ou de régler la température, renforçant encore cette sensation de cocon. Seul point logistique à anticiper avec un chien : les arrêts ne sont pas annoncés, et lorsqu’on les repère, ils durent souvent moins de trois minutes. Autant dire que les pauses “pipi” sont compliquées. Au retour, Vaïka n’a pas pu descendre et a tenu près de 15 heures sans faire pipi — une vraie championne
Malgré ce détail, ce premier voyage en train de nuit avec Vaïka nous a clairement donné envie de recommencer. Nous nous sommes déjà inscrits sur la liste d’attente du Paris–Berlin qui doit redémarrer au printemps avec une autre compagnie, European Sleeper, et nous regardons aussi de très près les trains de nuit en France. Voyager ainsi est à la fois écologique, doux et finalement pas plus long : on économise une nuit d’hôtel, on arrive directement en centre-ville, on évite le stress des aéroports et des contrôles de sécurité… et on se réveille déjà sur place. Pour nous, le train de nuit coche toutes les cases du slow travel, surtout quand on voyage avec un chien.













Vienne entre monuments impériaux et marchés de Noël
Arrivés à Vienne vers 10h, nous avons consacré toute notre journée du samedi à une grande balade à pied, idéale pour une première immersion dans la ville. Pour structurer cette découverte sans nous enfermer dans un programme trop rigide, nous avons suivi l’itinéraire d’un guide papier emprunté à la bibliothèque de Paris — une astuce que nous recommandons vivement. Leur fonds est impressionnant : on y trouve des guides de quasiment tous les pays et toutes les villes, pratique, économique et parfait pour préparer ou accompagner un voyage.
Notre parcours nous a d’abord menés le long de la majestueuse Ringstrasse, véritable colonne vertébrale du centre-ville. En la parcourant, on découvre certains des plus beaux symboles de Vienne : l’élégant Opéra d'État de Vienne, le vaste ensemble du Hofburg, ancienne résidence impériale, ou encore les impressionnants musées jumeaux, le Kunsthistorisches Museum et le Naturhistorisches Museum, qui se font face dans une parfaite symétrie. Tout au long de la journée, nous avons pris le temps d’observer les façades monumentales, les larges perspectives et cette élégance très viennoise, héritée de l’époque impériale.
Nous avons ensuite rejoint le cœur historique pour admirer la Cathédrale Saint-Étienne, véritable repère au centre de la ville, avant de poursuivre nos flâneries dans les rues animées, ponctuées de marchés de Noël plus intimistes, parfaits pour une pause gourmande ou un vin chaud bienvenu.
Nous avons gardé le clou du spectacle pour la fin de journée : le marché de Noël de la Rathausplatz, découvert à la nuit tombée, lorsque les illuminations transforment littéralement la place. L’Hôtel de Ville éclairé, les allées scintillantes, les chalets animés et l’atmosphère festive créent un décor magique, encore plus impressionnant qu’en journée. Outre les traditionnels stands, il y a une grande patinoire accessible aux petits et grands (avec un espace dédiés pour les touts petits) ainsi que de jolis manèges.
Cette première journée, rythmée par la marche, les découvertes architecturales et l’ambiance de Noël, a été une parfaite introduction à Vienne : élégante, chaleureuse, et idéale à explorer à pied — même en plein hiver, et toujours accompagnés de Vaika.


















































Schönbrunn
Le dimanche matin, nous avons mis le cap sur le mythique Château de Schönbrunn. Nous avions réservé le tout premier créneau de la journée à 8h30, avec l’idée d’éviter la foule — et ce fut une excellente décision. À notre sortie, en fin de matinée, nous avons vu affluer les vagues de touristes arrivant par métro et cars : le contraste était frappant. Le château est très facilement accessible en transports en commun ; depuis notre logement situé près de la gare, il nous a fallu environ 35 minutes pour rejoindre le site, sans aucune difficulté. Il existe plusieurs billets disponibles, suivant ce que l'on souhaite visiter. Nous avons pris le billet pour la visite du Palace uniquement (38 euros par personne en 2025). Il est recommandé de réserver son billet à l'avance sur leur site.
Nous avons consacré toute la matinée à la visite du château, de ses appartements impériaux richement décorés et de ses vastes jardins, et il faut clairement prévoir une bonne demi-journée pour en profiter pleinement. Le début du parcours m’a laissée un peu sceptique — une mise en scène assez “Disney” avec projections et dispositifs immersifs — mais cette impression s’est vite dissipée une fois entrés dans les véritables appartements. Là, le raffinement est total : dorures, soieries, décors somptueux… on se replonge instantanément dans l’époque fastueuse des empereurs de la grande Autriche.
Fan assumée de Sissi, j’étais particulièrement émue de parcourir ces lieux chargés d’histoire. Et cerise sur le gâteau : Vaïka a été absolument exemplaire tout au long de la visite. Calme, détendue, si à l’aise qu’elle s’est même allongée sur les épais tapis rouges du parcours, comme si elle avait toujours vécu là. Aucun stress malgré la fréquentation, une ambiance sereine, et beaucoup de sourires autour de nous. Les visiteurs s’arrêtaient souvent, amusés et étonnés de croiser un grand lévrier touriste dans un palais impérial.
Le personnel, quant à lui, a été adorable : prévenus de salle en salle de l’arrivée de notre chien, ils nous ont réservé un accueil chaleureux et bienveillant. Une visite fluide, positive du début à la fin, qui restera sans aucun doute comme l’un des temps forts de notre week-end viennois.
À noter aussi : lors de la visite du Château de Schönbrunn, nous avons découvert un joli marché de Noël installé juste à l’extérieur du château. Plus intimiste que ceux du centre-ville, il est très agréable après la visite, parfait pour prolonger l’expérience dans une ambiance chaleureuse, avec chocolat chaud à la main avant de reprendre le métro.






































Le Prater : une immense bulle de nature et de liberté au cœur de Vienne
Après la visite du château, nous avions envie d’offrir à Vaïka une vraie parenthèse de nature : direction le Prater, l’un des parcs les plus emblématiques de Vienne. Facilement accessible en métro, puis à pied en longeant le Danube, l’arrivée au Prater est déjà une balade très agréable. Ancien terrain de chasse impérial des Habsbourg, ouvert au public au XVIIIᵉ siècle, le Prater est aujourd’hui un immense parc de plus de 600 hectares, mêlant grandes pelouses, longues allées mythiques comme la Hauptallee et des zones presque forestières.
Nous sommes entrés directement par les espaces verts pour rejoindre les zones autorisées sans laisse, clairement indiquées, vastes, propres, avec sacs de déjection disponibles gratuitement. Quel bonheur d’y voir humains, enfants et chiens cohabiter naturellement, sans tension ni interdits inutiles : chiens grands ou petits, tous libres, jouant ensemble dans une ambiance sereine. Vaïka a vite trouvé des copains autrichiens, et a même partagé une belle course avec un whippet, dans ce décor verdoyant en pleine ville.
Après cette grande session de défoulement, nous avons poursuivi notre promenade vers une autre facette du Prater : le Wurstelprater, la plus ancienne fête foraine du monde, toujours en activité. Ambiance délicieusement rétro, manèges pour petits et grands, grande roue mythique, stands de nourriture, musique, rires… et chiens acceptés, naturellement. Une atmosphère conviviale, populaire et joyeuse, comme on aimerait encore la retrouver à la Foire du Trône, mais qui s’y est malheureusement un peu perdue. Le Prater résume à lui seul ce que nous avons adoré à Vienne : de l’espace, de la liberté, du respect… et beaucoup de plaisir partagé, à deux comme à quatre pattes.




















Hébergement et spécialités culinaires
Pour ce week-end à Vienne, nous avons fait le choix de la praticité, en logeant à proximité immédiate de la gare, afin de pouvoir laisser facilement nos bagages le dimanche et rejoindre le train de retour sans stress après nos visites. Nous avons séjourné au Four Points Flex by Sheraton, un excellent hôtel, parfaitement situé juste à côté de la gare centrale. La chambre (prévue pour trois personnes) était spacieuse et très confortable, avec un lit double, un lit simple et un petit réfrigérateur, toujours appréciable lors d’un court séjour.
Après la nuit passée dans le train, nous avons particulièrement apprécié la possibilité d’un early check-in : nous avons pu prendre la chambre dès notre arrivée à Vienne, nous rafraîchir, nous poser un peu et démarrer les visites dans de bonnes conditions. Le petit-déjeuner était très bon, varié et de qualité — nous recommandons sans hésiter.
Le personnel a été charmant et très accueillant avec Vaïka, ce qui compte énormément pour nous. Autre vrai plus : le late check-out à 15h le dimanche, idéal pour profiter pleinement de la ville jusqu’au bout sans courir. Un hébergement confortable, dog-friendly et parfaitement adapté à un week-end en train de nuit.
La découverte d’une nouvelle destination est toujours pour nous une excellente excuse pour explorer la gastronomie locale, et Vienne ne déçoit pas. La cuisine autrichienne est particulièrement intéressante car elle s’est construite au fil de l’histoire de l’Empire austro-hongrois, en intégrant des influences venues notamment de Hongrie et du nord de l’Italie. Le résultat ? Une cuisine généreuse, réconfortante, parfaite en hiver : escalope viennoise croustillante, goulash parfumé, bons vins, et bien sûr des desserts iconiques comme l’Apfelstrudel.
Nous avons démarré le samedi midi de manière très locale avec un déjeuner sur le pouce à un stand de saucisses traditionnelles, suivi d’un Apfelstrudel en dessert : simple, délicieux et très rassasiant — exactement ce qu’il fallait après la nuit dans le train. Le soir, nous avions réservé dans un excellent bistrot viennois, le Sixta, très apprécié des locaux (réservation vivement conseillée). À Vienne, dîner tôt n’est absolument pas un problème : nous nous sommes installés vers 18h30 sans aucun souci. Au menu : soupe de butternut, escalope viennoise parfaitement dorée et goulash fondant. Une adresse que nous recommandons les yeux fermés, tant pour la qualité des plats que pour l’accueil,. Un vrai plaisir gourmand qui complète parfaitement la découverte culturelle de la ville.
Notre dernier repas a été pris au Art Corner, un restaurant austro-grec en face du musée et du parc du Belvédère. Ce repas était davantage par commodité car il était proche de l'hôtel et nous a permis de faire un dernier marché de noêl avant de reprendre le train le soir pour Paris. La nourriture était correcte mais rien d'exceptionnel.
























